• Pourquoi ne pas répondre à tous les désirs des enfants ?

     

     

    On dit que les enfants sont blasés ! Pourquoi avons-nous cette impression? Aller à l'anniversaire d'un copain ou à une fête est devenu banal. L’enfant oublie le lendemain ce qu'il a vécu la veille, il n'en reparle plus. Dès la naissance, il est souvent envahi par un trop-plein de jouets. Les adultes qui l’entourent attendent rarement qu'il exprime un désir, ils le couvrent de cadeaux, et ses moindres désirs deviennent des ordres !

     

    Une fois grand, il lui faudra avoir les mêmes choses que les copains, sinon il risquerait de se sentir délaissé ! Pourquoi les parents devraient-ils dire oui ? Parce qu’ils ont pu se sentir en « manque » de cadeaux quand ils étaient enfants ? Le parent est inquiet s'il résiste au désir de son enfant ! Seulement il a oublié que c'est aussi dans le manque que l'enfant grandit, espère, attend. Un manque accompagné par des mots : pourquoi attendre ? Pourquoi vouloir ce jeu plutôt qu’un autre ?

     

    Si on ne répond pas tout de suite à l'enfant, il va pouvoir inventer, créer, construire autre chose. Ne pas répondre avec un objet à la demande de l'enfant, c'est l'aider à reconnaître ses vrais désirs. C'est lui donner des forces pour attendre, espérer, rêver au lieu de posséder. Alors, il pourra découvrir l’envie d'apprendre et de comprendre ce qui l'entoure. On peut retrouver le bonheur de lire des histoires ! Je ne connais pas d'enfant blasé devant les histoires et l'objet livre !

     

    La rencontre avec les idées de Françoise Dolto peuvent nous aider à répondre différemment à l'enfant. Dans son ouvrage "Tout est langage" elle nous propose de différencier entre le désir et le besoin.

     

    Dès la naissance de notre enfant, on peut réfléchir aux jeux à lui proposer, à comment lui expliquer les choses qui l'entourent et comment remettre un peu plus d’humanité dans nos échanges avec lui et un peu moins d’objets et cadeaux de toutes sortes. 

     

    On peut commencer par l’observer : le tout-petit n'a pas besoin d'être surstimulé par des jeux et jouets. Son développement se fera par étapes : mettre dans la bouche ; faire tomber un jouet pour le plaisir de le voir « revenir » (ramassé par un adulte secourable !) ; ouvrir / fermer ; se cacher / se montrer, etc... 

     

    Les parents expliquent souvent que c'est la famille qui offre tous ces cadeaux. Comment résister ? Je crois que, là encore, la réponse est de parler, d’oser dire que c'est trop et que vous ne voulez pas écraser par ce trop le désir ou l’appétit de votre enfant, car le désir c'est la vie !

     

    Quand on ose lui résister, l'enfant devient capable de faire la part des choses, il comprend qu’il peut être bon d'attendre, et on pourra le voir développer des capacités artistiques ou littéraires, et un goût accru pour l'école. Il développera aussi le goût de l'effort et la capacité d'attendre. Il apprendra à nommer ce qu’il ressent et de ce fait à déployer sa maîtrise du langage.

     

    La vie a un sens, mais seuls les mots peuvent permettre à l'enfant de comprendre ce qui lui arrive. Pourquoi passer devant le manège sans faire un tour de manège ? On peut en parler avec lui : « Quand es-tu monté pour la dernière fois sur ce manège ? Sur quel avion aimerais-tu aller ? Ah oui cela fait rêver le manège, qu'en penses tu ? » Satisfaire un désir immédiatement, c'est en appeler un autre et encore un autre, que vous pourrez toujours tenter de satisfaire de votre mieux, mais ce n’est pas cela qui pourra aider votre enfant à s’apaiser et s’autoriser à « rêver ».

     

    Protéger son enfant de l’envahissement des objets ou d’un trop-plein d'activités est un formidable cadeau à lui faire et qui n'a pas de prix !

     

     

     

     

     


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